Annexe 1

"Au moment de l'invasion romaine, il n'y avait pas de château, mais l'éminence où se trouve aujourd'hui le bourg de Loisy était défendue par une immense tour bâtie au milieu du parc du château actuel. Tous les ans, au mois d'août, à l'endroit même où étaient les fondations de cette tour, un tapis de champignons grêles forme une immense couronne. Cette tour était protégée par des remparts en pierre dont on trouve encore une petite partie formant le fond d'une galerie souterraine où se trouve une fontaine, à margelle carrée, dont les eaux sont d'une grande pureté. Les murs et la voûte du souterrain, d'une maçonnerie toute autre que la première date de Henri II. De l'ancien château construit en 1150 par Hugues de Brancion, il ne reste comme vestiges que quelques motifs de serrurerie en fer forgé, et qui ont été employés à la construction du château actuel."(Th)

Annexe 2

                 

"Matériel archéologique trouvé: (voir dessins)

-'Petit chasse' en bois de cervidé (H:5cm, base carré de 2,5 cm). La face représente un personnage sur toute le hauteur, les mains posées à plat sur la poitrine. Le sujet a l'air d'être en prière; sous les coudes, entre les pieds et de chaque coté des membres inférieurs, il y a 5 trous comme pour mieux souligner le relief. L'autre coté figure un personnage plus petit, les mains en position d'atlante. La position des bras levés est un thème fréquent de l'iconographie chrétienne, à l'époque barbare ou préromane

-'Petits pions' en bois de cervidé (H:3,5cm) ressemblant à des bottes de pailles liées

-'Le guerrier' (H:4,7cm, L:20,5cm, l:19,5cm) en bois de cervidé. Sa face nous laisse à peine deviner les traits du visage. On peut aussi penser que l'on voit la jambe gauche. La côté gauche laisse voir que le personnage tient un bouclier, où l'on voit, dans la partie inférieure, une pointe d'épée.... Cette figurine nous fait penser à un preux chevalier attendant, un genou à terre, d'être sacré "chevalier"

-Char en bois de cervidé (H:4,1cm, l:2,5cm, L:4,1cm) On peut voir 2 chevaux dont on devine les naseaux et les oreilles. Les membres antérieurs sont portés vers l'avant. A l'arrière on aperçoit les membres postérieurs et les queues. Le char se limite à un dossier situé au dessus des membres postérieurs, et à 2 roues à 9 rayons, placées sous ces même membres. Il y a une rêne qui part des conducteurs et qui aboutit sous l'encolure des chevaux; il n'y a ni mors, ni licol; une autre lanière part du cou pour aller jusqu'aux roues, destinée, semble-t-il, à la traction de l'attelage. Il existe d'autre part, une rêne qui part des conducteurs pour aboutir entre les 2 oreilles des chevaux. On voit très bien un conducteur et on peut supposer qu'il devait en avoir un 2ième. L'arrière du char est orné d'entrelacs communs à l'époque carolingienne.

- Pointe en os, rondelles à trous ocellés en os, rondelles en bois de cervidé, os taillé, denier d'argent 22mm ... au nom de Louis IV (936-954) ... vraisemblablement frappé à la fin du X siècle ou au début du XI, poteries, morceau de meule, 2 clefs, fers à chevaux, parties de mors ..."

Ces pièces sont actuellement visibles au musée de Romenay.

M Hurou fait la conclusion suivante:

"Le fait de trouver des clefs peut laisser supposer qu'il y avait serrure, donc porte, et par la même, enceinte: ceci reste encore à démontrer . Une grande partie du matériel archéologique réuni à ce jour nous permet d'avancer une date quant à une occupation de la motte - fin de l'époque carolingienne, X siècle, début du XI siècle- .

La présence, sur cette motte, d'éléments d'une telle richesse archéologique, pose un problème: on est tenté de dire qu'il s'agit de spécialistes du travail de l'os et du bois de cervidé (faute d'ivoire, peut-être ?)

On peut s'interroger au sujet des habitants de cette poype; il ne peut s'agir de simples nomades, mais bien d'une occupation prolongée, puisqu'ils faisaient du feu, y mangeaient de la viande, bien que nous n'ayons pas encore trouvé la preuve tangible d'une habitation... Ces découvertes demeurent pour le moment uniques en France, à notre connaissance, d'où l'importance du gisement de Loisy qui permet d'éclairer d'un jour nouveau le mode d'existence de ces petits seigneurs de la régions mâconnaise, qui ont certainement précédé la 'maison forte'..."

Le 1er (ou le 2ième ?) fouillé en 1814 et 1821 aurait permis de découvrir du matériel de l'époque romaine (bois de bouclier, fer à chevaux, pièces de monnaies, débris d'ossements??), mais on ne trouve pas de trace de ces objets, ni de comptes rendus de ces fouilles. A cela s'ajoutent les interrogations des historiens: en effet l'un d'eux, M. D. Monnier place le théâtre de la bataille que Septime Sévère livra à Albinus en 197 en bas de la colline de Loisy; dans ce cas, un des 3 tertres serait un tumulus contenant (ou ayant contenu) les corps et les armes de ces soldats romains.

Références: (Hu), (Th)

"En 1814, lors de la première invasion des armées étrangères, le propriétaires des moulins de Loisy, voulant soustraire quelques objets précieux à l'avidité des ennemis, résolut de les cacher sous l'un des tertres situés dans la plaine, entre Loisy et Simandre. Après avoir fait creuser jusqu'à 1m95, il trouva des ossements humains, des armes oxydées et de petits plateaux de bois de chêne, qui peut-être avaient fait partie de boucliers. En 1821, M de la Chapelle fit aussi fouiller un tumulus, situé dans le pré de 'la Morte', commune de Loisy, et trouva, presqu'à la surface du sol, quelques fers à cheval; à 0m32 de profondeur, une couche de cendres noirâtres, épaisse d'environ 0m08; à 1m29 plus bas, une troisième couche plus épaisse, et enfin, à 0m64 plus bas encore, une dernière couche semblable aux précédentes, et à laquelle étaient mêlés des débris d'ossements." Ref: Histoire de S et L ??

Annexe 3

"Philippe de Vienne fit hommage, en 1287, au seigneur abbé de Saint Philibert, et reconnut tenir en fief, dudit abbé et de son monastère de Tournus, la ville de Louhans, villam de Lovinco. Le même Philippe de Vienne envoya, la même année, le dimanche dans l'Octave de la fête de la Pentecôte, des lettres scellées de son sceau, par lesquelles il reconnaissait tenir en fief, de l'église de Tournus, le château de Loisy, Louhans et d'autres lieux. Ces deux faits, consignés dans le livre des Fiefs, sont rapportés par Juenin dans les preuves de l'Histoire de Tournus. Pierre Juenin écrivait son histoire de l'abbaye de Tournus en 1730. Références: Histoire de Saône et Loire ?

"Philippe de Vienne, Seigneur de Paigny, possédait le château de Loisy et ses dépendances; son oncle, Henri de Paigny, le tenait de lui en fief, 1287. (Juénin: Preuves, p225. 'les hommes du Seigneur de Paigny' devaient être les habitants de la Truchère." Références: (Prêt. p33)

Annexe 4

"La paroisse de Loisy comprenait à l'Abergement, les hameaux de Loire, de la Mare, du Fraigne et de la Villeneuve... Les Abbés de Tournus et ceux de Cluny, dont dépendait Loisy, percevaient alternativement la dîme sur tout le district de la paroisse de l'Abergement...

Procédure contre Vincent Borrelier qui prétendait s'approprier les dîmes de Loisy et de l'Abergement, 1458. Arch. S.-et-L. H.22." " Références: (Prêt. p160)

"Juénin nous apprend que les abbés de Tournus furent obligés de faire beaucoup de concessions aux seigneurs d'Antigny; cette famille puissante s'était emparée par force de la plupart des terres que l'abbaye possédait en pays d'Empire.

Tout ce que purent faire les abbés, fut de réserver un droit de suzeraineté au monastère de Tournus. Ne pouvant même plus obtenir cette reconnaissance, ils cédèrent, en 1318, au duc de Bourgogne, tous les biens que les héritiers de Philippe de Vienne pouvaient tenir de l'abbaye; le duc s'engageait pour lui et ses successeurs à en faire hommage à l'abbé, ce que firent Eudes IV, en 1339; Philippe de France, en 1366 et en 1378; Philippe le Bon, en 1442, en l'église de St Philibert de Tournus. Juénin p177.

... la Bourgogne ayant été annexée à la France en 1477, les rois furent dispensés de toute vassalité, de telle sorte, dit Juénin, que les droits de l'abbaye (de Tournus) furent tellement évanouis, que, ni les seigneurs de Louhans, ni ceux de Sainte-Croix, ni ceux de Montpont, ni ceux de Loisy, ni plusieurs autres, ne savent pas même que leurs terres dépendent de l'abbaye." Références: (Prêt. p107)

Annexe 5

"A cette même date, la municipalité cantonale s'occupa d'une question importante, mais qui ne fut pas résolue: la canalisation de la Seille. Dès 1603 on avait parlé de ce travail; mais les Etats de Bourgogne avaient repoussé ce projet comme trop coûteux. A la fin du XVIIIe siècle, l'ingénieur Gauthey avait été chargé d'une nouvelle enquête.

Dans les délibérations du conseil cantonal, on trouve une délibération contenant une pétition individuelle de plusieurs habitants de La Truchère, relative au moyen à employer pour faire cesser et diminuer les inondations de la Seille qui vont devenir plus fréquentes depuis que l'on a commencé les travaux des écluses que l'ont vient de construire à la Truchère (Arch. Tournus, D.5L). Il est demandé qu'il soit ouvert un canal au-dessus de Cuisery, cela en direction Loisy pour arriver au-dessus de Tournus, en traversant par l'Abergement, lequel servirait de déchargeoir."(Prêt.p192)

Annexe 6

"Il ( Pierre abbé de Cluny vers 1156) donna à titre de fief, à Hugue de Brancion, fils d'Ulric Seigneur de Montpont, & felon Pierre de S. Julien, oncle de Josserand Seigneur de Brancion , la terre où il bâtit depuis le château de loisi: mais ces titres font fans date." (Juénin p126)

Archives de Mâcon

Voici quelques informations glanées aux archives départementales et quelques pistes pour des recherches ultérieures.

séries ou articles à vérifier: V (culte), L (révolution), 3B, B327 à 332, G373, G153...

H(supplément)211: terrier de Loisy

E276: terrier de Loisy en vieux français 1567 parle entre autres de Niordes, Monfay (Lafay?)

E133: fragment d'un ancien terrier de la baronnie de Loisy, 1505 à 1533, citant "le Seigneur de Loisey, escuyer, seigneur dudict lieu",en vieux français bien calligraphié, gros document (environ 30X40X8).

H420: copie d'un document en latin de 1356, avec sa traduction, sur le péage de Loisy à l'abbaye de Lancharre: "... le fermier du péage de Loisy donne 13 deniers chaque semaine aux religieuses de Lancharre ..."

B331: divers documents sur la justice de Loisy et de ses hameaux, vers 1789

H293: gros document faisant référence à Jean Massot seigneur de Loisy, 1564/1585

H221: 2 gros documents en vieux français. Inventaire général des titres. Abbaye de Cluny. 5iéme titre concerne les dîmes de Loisy

O1079/1080: documents venant des archives communales (19iéme)

Bibliographie

(Gu 1): Guillemaut, "Bresse Bourguignonne"

(Th): Thielly A. "Histoire Locale de Loisy" - 1920 - Imprimerie Jules Faisy Louhans.

(Hu): M. G. Hurou, Communication pour "le bulletin des Amis du Vieux Cuisery" n 1 de juillet 1975

(AVP n35): Bulletin des Amis du Vieux Cuisery n35

(Cour): description générale et particulière du duché de Bourgogne par Courtépée, 2ième Ed. 1847

(Prêt.): L'Ancienne Paroisse de Prêty en Mâconnais - 1904 - Société des Amis des Arts et des Sciences de Tournus

(A de SL XII): Annuaire de Saône et Loire de l'an XII

(Juénin): Histoire de Tournus par Juénin

(ArcM.O1080): Archives départementales, n du document

(Lec.): Les notables dans le canton de Cuisery de 1830 à 1870, mémoire de Fabrice Lecuelle, université de Bourgogne 1993.

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Compilation réalisée par Daniel Villerot à partir de la bibliographie citée ci-dessus et des interventions précisées en références.

Remerciements en particulier à: Ms Chervet Paul, De la Chapelle Guy, Bouillot Michel qui ont participé à la rédaction.

M Michel Bouillot a gracieusement proposé les magnifiques dessins qui illustrent ces pages.

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Version 2 du 26 juin 2000.