Vous trouverez ci-dessous les principales informations contenues dans une brochure vendue au Foyer Rural (compléter par des dessins de M Michel Bouillot et des photos)

Généralités
Histoire
Château

Mottes et tumulus

Eglise
Population
Vie Passée
La Seille
Niordes et son port
Le Moulin de Niordes

Le Moulin de Plainchamp
Ecoles
Plissonnier
Le train
Dates
Personnages
Maison Petitjean

Annexes
Archives de Mâcon
Bibliographie

LOISY
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Histoire et vie locale.

 

 

Cette plaquette n’a pas d’autre prétention que d’être un instrument de travail, une base de documentation, pour ceux qui s’intéressent à l’histoire et à la vie de Loisy. Les foyers ruraux ont eu besoin d’un document concis pour commenter les visites du bourg lors des arrêts de bateaux de tourisme de la Seille. Cette première ébauche s’est petit à petit étoffée et maintenant elle me sert à emmagasiner les extraits de livres ou revues concernant Loisy. J’y ajoute également les compilations que je fais d’après les archives communales, départementales ou autres sources d’information.

Afin d’approcher le plus possible de la vérité, vous trouverez les textes d’origines en italique, avec le minimum de commentaire; les références sont indiquées quand c’est possible.

Bien sûr, afin d’améliorer ce document, tous les compléments que vous pouvez posséder, seront les bienvenus.

Table des matières

 

Généralités

Avec une superficie de 1463 hectares, Loisy appartient au canton de Cuisery, à l'arrondissement de Louhans, au département de Saône et Loire; elle est contiguë aux communes de Huilly, Jouvençon, Brienne, Cuisery, Abergement de Cuisery et Simandre.

Le village est construit sur une butte, une des plus hautes de Bresse, dominant la Seille, sur la rive droite (3 sites atteignent les 216 mètres: au Bourg, au Châtelet, à Votentenay).

Affouage de Votentenay: 10ha 22ca, de La Fay: 9ha 56ca.

Histoire

Des traces d'occupation romaine, tumulus et oppidum (non confirmées par des véritables fouilles archéologiques) laissent penser que l'origine de Loisy est très ancienne. On peut supposer que les Celtes étaient déjà présents en cet endroit avant les Romains.

En effet, à quelques mètres du château actuel, sur une butte se trouve une galerie souterraine se terminant par une fontaine qui selon la tradition populaire seraient les restes d'un oppidum romain, peut-être précédé par un oppidum gaulois (voir annexe 1)

Une fortification contenant des objets du X°, XI° siècle est parvenue jusqu'à nous sous forme d'un tertre érigé en bord de Seille (voir "Mottes et tumulus".)

En 924 les Hongrois pillent et saccagent le Mâconnais. Dans une des mottes, ont été trouvées de petites sculptures de facture hongroise.

Le premier texte qui est arrivé jusqu'à nous, date de 950 : le cartulaire de Cluny désigne Loisy sous le nom de "CASTRUM LOGIACI" (à vérifier)(castrum indique un fort, une place forte et sert de ce fait pour désigner une localité).

En 981, 'LOSIACUM', "vocable de St Martin, archiprêtré d'Orme, diocèse de Chalon ; patron, l'abbé de Cluny; recette de St Laurent ; subdélégation de Louhans ; chapelle fondée, et chapelain résidant". réf: (Cour.)

En 993, l'abbé de Tournus donne à Henri de Bourgogne la terre de 'LOSIACUM' dont l'église avec son vocable actuel de St Martin(à vérif).

Le registre des Fiefs Chalonnais l'appelle encore en 1287 'CASTRUM LOVSIACI'(à vérif). Références: (AVP n°35)

Au X° siècle, le comte Aymon donne au monastère de Cluny l'église de St Martin de Loisy, et le port de Recula (annexe 3)

En 1477 les terres de Loisy dépendent de l'abbaye de Tournus. (voir annexe 4)

 

Château

D'après les textes cités ci-dessous, on peut faire la chronologie suivante (avec des incertitudes notées "?"):

- Tour gauloise sur l'emplacement de l'actuel château. "?"

- Oppidum romain, même emplacement. Présence romaine dans le pré du Châtelet, en bas du château actuel, en bord de Seille (tumulus). "?"

- Avant le XIe siècle, château féodal dans la prairie d'Huilly, en face la chapelle St Maurice de Jouvençon.

- Même époque, (Xe siècle), fortification dans le pré du Châtelet.

- Vers 1150, Hugues de Brancion construit un château, fief de l'abbaye de Cluny.

- XIIIe, les Seigneurs de Loisy. "?". Châtellenie de Cuisery aux sires de Bagé.

- 1230, les seigneurs d'Antigny sont propriétaires, en fief des De Vienne.

- 1287, Henri de Paigny, fief de Philippe de Vienne (neveu de Henri), lui-même en fief de l'abbaye de Tournus.

- 1289 entrée dans le duché de Bourgogne

- Plusieurs familles dont les Quarré. Jean Quarré, écuyer, échanson de Jean Sans Peur(Th) "?"

- XIVe destruction du château.

- Nouveau château sur l'emplacement des écuries actuelles.

- 1533, Antoine de Loisy. "?"

- 1556, Philibert Quarré, et son père François Quarré de Verneuil sont dénommés Seigneur de Loisy. (Th) "?"

- Juillet 1565 (guerre de religions), château brûlé et pillé.

- 1575, Jean Massol, bourgeois de Beaune est acquéreur par décret de la terre et seigneurie de Loisy. (Th) "?"

- 1605 Antoine de Bretagne.(Th) "?"

- 1633 reconstruction de la bâtisse actuelle."?"

- 1650 Pierre de Bretagne, premier président du parlement de Metz, en est le seigneur.

- Marquis de Frouley de Tessé, lieutenant général et grand écuyer de la reine. (Th) "?"

- 1679 Claude Bouchu, intendant, l'obtient par décret.

- Vente à Claude de la Michaudière, conseiller au parlement de Paris, chef du conseil du Prince de Condé. (Th) "?"

- 1748, il passe au marquis de Bourbonne, Jean François Gabriel Bénigne Chartraire, premier président au parlement de Bourgogne qui fit construire le bâtiment actuel. (Th) "?"

- 1761, son fils Marc Antoine Bernard Claude Chartraire de Bourbonne. (Th) "?"

- Messire Paul Albert, comte d'Avaut. (Th) "?"

- XIXe, la famille de la Chapelle se fixe à Loisy. (Th)

- Charles Ernest de la Chapelle, né le 4/2/1791, maître de l'hôtel du roi Charles X

- Charles Emile de la Chapelle décédé le 11/5/1899, fut maire de 1884 à 1896.

- Charles Arthur de la Chapelle né en 1851, décédé le 29/8/1919.

- Jacques de la Chapelle, lieutenant de dragons.

- Guy de la Chapelle, propriétaire actuel et maire de la commune.

 

"Beau château sur l'éminence, dont la situation sur la Seille à l'ouest est remarquable par l'agrément d'une vue variée; l'ancien avait été bâti en 1150 par Hugues de Brancion, fils d'Ulric, seigneur de Montpont." Réf: (Court)

Il détient la terre de Loisy en fief de l'abbaye de Cluny. "(Annexe 6)

"Renaud de Loisy ratifie les dons de son frère Joubert de Loisy, chanoine de St Vincent, faits en son église en 1268. Cette maison de Loisy, des plus nobles du Chalonnais, dit Perry, page 1115, est éteinte. "Réf: (Court)

C'est en 1150 qu'Hugues de Brancion, seigneur de Montpont, édifie le château qui sera brûlé et détruit lors d'une attaque au XIVe siècle (invasions ennemies sur le sol de Bourgogne) puis reconstruit une première fois, de nouveau livré au pillage, et brûlé de fond en comble, en juillet 1565 (guerres de religion), enfin reconstruit en 1633.

Avant le XIIIe siècle, Loisy faisait partie de la Châtellenie de Cuisery et appartenait aux sires de Bagé et ensuite aux comtes de Savoie; mais relevait déjà en fief des ducs de Bourgogne.

En 1289, un échange avec le comte de Savoie le fit définitivement entrer dans le duché de Bourgogne.(Th)

En 1230: "Les seigneurs d'Antigny, alliés à Béatrice de Vienne, possédaient en effet le château de Loisy et tenaient en fief La Truchère. Références: (Prêt. p28)

En 1287 Philippe de Vienne reconnaît tenir en fief le château de Loisy. (Annexe 3)

La baronnie de Loisy s'étendait sur Molaise, Le Thillay et Savigny sur Seille, Granot à Sornay, Diconne "Actes de 1533, par lesquels Antoine de Loisy commença à aliéner les terres de sa baronnie". Les De Loisy-sur-Seille portaient d'or à un lion de sable couronné et lampassé d'or. (Th)

"Pierre Bretagne, premier président du parlement de Metz, seigneur de cette baronnie, en 1650; Claude Bouchu, intendant, l'eut par décret en 1679, et la vendit à N. de la Michaudière, d'où elle a passé au marquis de Bourbonne 120 feux (46 en 1490), 700 communiants. Dépendances: La Grange de Loisy, Niorde; Plain-Champ, la Fay, le Rond-Pas, la Grelay, Votanrency; ces cinq derniers sont de la châtellenie de Cuisery." Réf: (Court)

Mottes et tumulus

3 tertres s'élevaient dans la prairie en bas du château au lieu dit "pré de la Morte". Mais ces tertres, sont-ils des tumulus, accumulation de terre au-dessus de sépultures, ou des mottes, emplacements d'anciens châteaux forts en bois du début du Moyen Age?

- L'un d'eux fut arasé vers 1888 il aurait eu 4m de haut, 15 à 25 m de large, et aurait donné de la terre de remblai.

- Un autre avec ses 4,5m de haut, 24,5m de long et 22m de large se trouve à 19 m de la rivière, et semble intact.

- Enfin le 3ième, de 4,5m de haut, 30m de long et 14m de large a été fouillé par M Hurou qui en situe l'occupation à l'époque carolingienne X° siècle, début du XIe. Des pièces exceptionnelles ont été trouvées. (voir annexe 2)

Eglise

L'église de Loisy est mentionnée dans une dotation faite au monastère de CLUNY en 993. En 1032, le cartulaire de Cluny fait mention de l'église de Loisy (Prêt. p142). Elle est déjà dédiée à St Martin. Jusqu'en 1789 la paroisse de Loisy dépend de Cluny. Sa construction première remonterait en conséquence au début du Xème siècle.

Le chœur : de style ogival aurait été reconstruit au XVème siècle

Le clocher : du XVIème, placé en avant de l'église fait porche. Une flèche pyramidale quadrangulaire de 8m de haut repose sur une tour carrée de 16m de haut.

La nef : primitive menaçant de s'effondrer en 1855 les premiers plans de reconstruction datent du 30 décembre 1863. Les devis s'élevaient à 30 974 francs, financés par les habitants de Loisy (souscription), la municipalité et une subvention de l'état. Cette nef a les caractéristiques du gothique flamboyant. Sa hauteur sous la clef des voûtes est de 11 mètres. 19 fenêtres distribuent la lumière. Une grande fenêtre à meneaux est placée dans le mur formant le fond du chœur. Les moellons proviennent des carrières de Lacrost. Les pierres de taille des carrières des justices de Tournus. Six colonnes assez remarquables séparent la nef des bas-côtés (chapiteaux ouvragés).

Surface : nef 90 m², deux bas-côtés de 45 m² chacun, chœur 70m². avec la sacristie la surface hors tout est d'environ 300m².

Chapelles : chaque bas-côté est terminé par une petite chapelle consacrée à droite au sacré chœur, à gauche à la vierge.

Cloches : la cloche qui datait de la construction du clocher s'est brisée en 1844, elle avait été fondue en 1817. Les inscriptions n'ont pas été relevées. Depuis 1845, il y a deux cloches pesant respectivement 678 et 316 kg. Cette dernière, cassée en 1944 (le jour de la libération du territoire des armées allemandes) a été remplacée par une autre pesant 385 kg le 26 mai 1946. l'électrification des cloches a été réalisée en 1987.

Les boiseries : de simples bancs délimités par une boiserie en chêne, sans cachet caractéristique, de chaque coté de l'autel, étaient réservés aux personnalités et aux chantres. A l'avant du chœur, à gauche, subsistent les bancs seigneuriaux, très anciens, qui sont toujours utilisés par les habitants du château. Dans la nef des bancs récents ont été installés vers 1960 pour les fidèles. La table de communion, en fer forgé datant de 1857, assez remarquable, a été enlevée en 1990 et placée, par moitié devant les petites chapelles des bas-côtés. L'orientation générale de l'église est classique: choeur à l'est.

Les statues: une statue, en pierre, de la vierge datant du XVIIème siècle est placée à droite de l'autel dans le chœur. Dans la chapelle de droite, St Sylvestre, avec sa mitre, nous rappelle qu'il a été élu en 314. On lui attribue le baptême de l'empereur Constantin, il est fêté le 31 décembre. St Antoine le Grand, né en 251, mourut à l’âge de 105 ans. Il semble sortir du désert où il fonda plusieurs monastères. A ses pieds l'inévitable cochon. Dans la chapelle de gauche, St Joseph voisine avec l'évangéliste Jean reconnaissable par l'aigle arrogant qui se tient à ses pieds. Au-dessus de la porte principale, on aperçoit la vierge qui enseigna les tables de la Loi à son fils.

Vitraux: derrière l'autel, 3 vitraux représentent: au milieu le bon Pasteur, à droite St Martin en tenue d'Evêque, à gauche St Isidore, le laboureur, né et mort à Madrid au début du XIème siècle. En prière ou en méditation il vient d'abandonner sa bêche à ses pieds.

La chaire: en pierre taillée, dans le style de l'église, date de 1858. Les fonds baptismaux ont été acquis en 1888.

Quinze pierres tombales ( XIIème, XIIIème, XIVème, XIXème siècle) existent à l'intérieur de l'église mais aucune inscription n'est lisible.

La restauration de l'intérieur de l'église a donné l'occasion de refaire intégralement l'éclairage électrique et un système de chauffage à air pulsé a été installé en 1990.

(Ref: M de La Chapelle)

 

PRETRES ayant exercé à Loisy

 

 

 

Population

Au XV° siècle Loisy s'étendait sur une partie de l'Abergement: les hameaux de Loire, de la Mare, du Fraigne, du Breuil et de la Villeneuve.

Années

Total

Le Bourg + la Condemine

Votentenay

La Fay

La Grelay

Niorde

Moiroux + Grange Gaule

Plainchamp

Le Roupoix

Les Ballots

1490 (1)

450

(87 feux)

1720 (1)

540

(108 feux)

1786 (1)

600

(120 feux)

1824

1058

1836

1100

1876

1176

1906

1043

247

167

155

125

88

82

88

73

18

1911

1014

267

150

142

120

85

80

78

75

17

1921

880

235

117

114

129

57

62

84

64

18

1931

808

184

125

108

115

66

52

78

65

14

1985

523

1990

489

1999

530

 

(1) En faisant une évaluation de 5 habitants par feux.

(2) Le 1er nombre indique les résidents permanents et le second les vacanciers (pour le WE ou autre)

Références: (Gu 1), (Th), (Prêt. p160) recensements 1911, 1991

 

Vie Passée

Au début du siècle, se tenaient 6 foires à Loisy chaque année, les 14 mars, 14 avril, 12 mai, 18 juin, 18 août et 9 novembre. Elles se déroulaient sur la place où se trouvait la bascule.(TH)

Le versant est du coteau était recouvert de vignes, les parcelles en ont gardé le nom: Vigne de la Cure, Vigne Barras, . Elles donnaient parait-il, un vin de meilleure qualité que le reste de la commune.

D’après les dénombrements de :

1901

1911

1921

1931

Aide de ménage

0

0

2

0

Aubergiste/Restaurant

2

4

0

1

Berger

8

0

0

1

Blanchisseuse

2

3

0

0

Boucher

0

2

1

2

Boulanger

1

2

2

2

Brodeuse

0

1

0

0

Camionneur

0

0

0

1

Cantonnier

1

1

1

2

Chaisier

0

2

1

0

Charpentier

1

2

0

0

Charretier

0

2

0

0

Charron

4

3

1

3

Cocher

2

2

0

0

Constructeur

2

3

0

0

Couturière

9

3

1

2

Cuisinière

2

2

1

1

Curé

1

1

1

1

Curé retraité

1

0

0

0

Domestique

1

1

2

1

Employé au PLM

2

1

2

0

Epicier

1

0

0

2

Facteur

1

2

2

3

Femme de chambre

4

1

0

1

Femme de ménage

0

4

1

0

Forgeron

2

2

4

2

Garde barrière

0

2

2

2

Garde champêtre

0

1

0

0

Garde particulier

3

1

1

1

Géometre

1

0

0

0

Instituteur

5

4

3

2

Jardinier

2

1

0

1

Journalier

0

0

5

7

Lingère

0

1

1

0

Maçon

2

2

0

1

Manoeuvre

15

4

0

0

Marchand de vin

1

0

0

0

Menuisier

1

1

2

1

Meunier

6

5

5

4

Minotier

0

0

1

1

Modiste

1

1

1

0

Négociant

1

1

1

1

Ouvrier

1

0

0

2

Poseur (SNCF ?)

0

0

1

1

Receveur buraliste

2

2

0

1

Religieuse

0

0

0

3

Retraité

0

0

0

1

Sabotier

2

1

3

0

Sans Pro. ou Néant

1

1

9

29

Téléphoniste

0

0

0

1

Tourneur

1

0

0

0

Vigneron

1

0

0

1

Agriculteur patron

0

1

0

2

Cultivateur/trice

234

241

228

195

Ouvrier Agricole

1

0

0

7

S/Tot. Agric.

235

242

228

204

S/Tot. non Agric.

93

72

57

85

Total

328

314

285

289

Exploitations agricoles

Année

Nb. d'habitants

Nb. d'exploitations

Personnes travaillant à la culture

1901

1020

   

1906

1043

232

531

1911

1014

242

 

1921

880

228

 

1931

808

204

 

1955

 

130

 

1970

 

63

287

1979

 

37

137

1988

495

25

79

1991

489

1999

530

 

La Seille

La Seille borde le village sur 5 km, elle est navigable de Louhans à La Truchère.

L'écluse dite de Loisy, ( la Seille en a 3) permet de réguler la hauteur d'eau pour la navigation et autrefois pour le moulin. L'habitation de l'éclusier (aujourd'hui disparue) était sur la rive côté Jouvençon.

En 1608, on évoquait déjà la nécessité de canaliser la Seille. Un canal de décharge était prévu.(voir annexe 5)

Les travaux de construction de l'écluse ont commencé avant la révolution (A de SL XII), après plusieurs interruptions, ils sont terminés en 1815 (A de SL 1815). Avant cette réalisation, et certainement depuis une époque très lointaine (si on accepte l'idée que le port romain de "Recula" était au hameau de Niordes) les marchandises circulant sur la Seille devaient être déchargées avant le barrage et rechargées après celui-ci.

Le barrage actuel est assez récent, l'ancien se trouvant au niveau de l'écluse fut déplacé au moment de la construction de celui-ci.

Un péage sur la Seille appartenait en 1241 au monastère de Lancharre près de Brancion.

On parle également d'un péage appartenant à l'abbaye de Tournus.

"En 1311 Hugues d'Antigny et de Sainte Croix prête hommage à l'abbaye de Tournus pour le péage de Loisy. Juénin, preuves p237". (Prêt. p108)

Un pont levis permettait d'amener au moulin le grain venant de la rive gauche, il fut abîmé pendant la guerre par le passage de blindés puis démolie en 1962.

Références: (A de SL XII)

Niordes et son port

Ancien village dont le nom vient peut-être de "Niord", nouveau gué (mais il pourrait venir de 'niardes', herbes qui poussent dans des terrains pauvres)

Ici se trouvait un port qui dut être utilisé par les gaulois et les romains (peut-être le fameux port de Recula), aussi bien pour la pêche que pour le commerce. Des traces de ce port se trouvent côté Jouvençon à droite de l'ancien pont-levis, à proximité de l'ancien barrage.

Un péage y fut installé au profit de l'Abbaye de Tournus en particulier pour contrôler le trafic du sel du Jura.

Les marchandises étaient déchargées avant le barrage pour être rechargées sur d'autres bateaux après le barrage. Certains produits étaient chargés directement sur des chars à boeuf et dirigés vers Tournus.

Le hameau de Niordes a des relations très étroites avec l'eau. Au cours des siècles, il fut très fréquemment inondé. parfois avec de nombreuses maisons emportées et beaucoup de morts. La pêche, professionnelle dans certains cas, a contribué aux ressources des habitants.

La plupart des maisons actuelles ont eu leur sol rehaussé, mais malgré tout la Seille entre encore parfois dans les maisons.

 

Le Moulin de Niordes

Le moulin de Loisy est un des plus vieux moulins de Bresse, il parait déjà dans un terrier du château de Loisy de 1504, avec 6 paires de meules (dont une à chanvre). Au XIXième siècle, 9 roues (plus précisément des 'olives') actionnaient chacune 1 paire de meules. Le grand bâtiment de pierre date de 1870, les roues furent remplacées à cette époque par des turbines.

Depuis 1980, seule l'électricité produit de la farine.

Au début du siècle, il appartenait à la famille Courlet de Vrégille de Ste Croix et était exploité par Mrs Buchaille Frères. Ensuite la famille Chervet en eut la propriété et l'exploitation.

Le Moulin de Plainchamp

Un petit moulin à eau était alimenté par le bief de Plainchamp. Récemment il a appartenu à M Ravat Landry, puis à M Gudefin. Il comprenait 2 paires de meules.

Ecoles

An II citoyen Jean-Noille Brasière instituteur

An III 26 nivôse citoyen Louis Marlet

An III 27 pluviôse citoyenne Françoise Brasière nommée institutrice

1839 Jean-Marie Carradot est instituteur communal

1844 Claudine Charmot nommée institutrice

1845 Carradot démissionne et crée une école libre à Plainchamp

Sieur Demogé

11-10-1846 Sieur Grappin Claude-Denis-Désiré

15-7-1860 Fanny Mazoyer institutrice communale

1866 Mlle Emélie Prost institutrice communale

M Prost instituteur

1877 M Sapet

1877-1905 M Putin Jean Augustin

A partir de 1881 nomination d'adjoints et adjointes. 1882: Mlle Platret. 1883: Mlle Bouillet. 1884: Mlle Riger Julie, M Mellier Clément, M Monnier Emile. 1885: Mlle Ponsot Laurence, M Chalumeau Alphonse. 1888: Mlle Petit Rose. 1892: Mlle Sancey Claude Justine et Mlle Masson Marie. 1897: Mlle Loisy Valérie. 1900: Mlle Blanchard. 1901: Mlle Rémy Blanche, Mlle Lambert Cécile. 1902: Mlle Balandras, M Clère Prosper. 1903: Mlle Gatheron Blanche. 1904: Mlle Duvert Maria. 1905: Mme Tielly Augusta. 1909: Mlle Ridet Angèle. 1912: Mlle Chapuis Marguerite. 1914: Mlle Guillet Berthe. 1920: Mlle Chalon Marcelle, M Pacaud Jean Marie.

1892 Mlle Giboulot Eugènie dirige l'école des filles

1898 Mlle Mesnie Valérie école des filles

1902 Mme Clère école des filles

1905 M Thielly Auguste école des garçons

1909 Mlle Maillard Jeanne école des filles

1911 Mlle Roux Henriette école des filles

1920 Mme Thielly école des filles (Th)

1923 à 1937 M et Mme Bouillon école des garçons

 

 

Forge Plissonnier

Philibert (frère de Claude), ingénieur-constructeur, député de l'Isère monte une usine de construction de machines agricoles (entre autres, de faucheuses et de carrosses).

Elle dépose un brevet pour l’invention de la charrue à socle mobile, puis elle crée une succursale à Lyon.

Simon Plissonnier après l’arrêt des ateliers de Loisy fait don

- Du terrain de la forge qui deviendra la salle des fêtes actuelle

- Du terrain du cimetière avec la somme pour l’aménager

- Du corbillard

 

Menuiserie BERNOUX de 1901 à 2000

1901 Bernoux Joseph menuisier au hameau de Votentenay

1901 Inscrition au registre des métiers

1905 inscription au registre de commerce

1906 Bernoux Joseph est au bourg de Loisy (sans doute dans la maison Gonnet)

1907 Construction de l'atelier actuel

1908 Il embauche M Boisson

1921 Gaudillère Léon, beau-frère de Joseph travaille avec lui

1926 Bernoux Joseph ébéniste

1931 Bernoux Joseph et Emile (son fils): menuisier

1932 Vente de meuble à la commission

1938 Emile et Léon?? créent " Bernoux Frères"

1945 Emile et Pierre au registre des métiers

1959 Registre de commerce "Bernoux frères"

1980 Bernoux Alain reprend la menuiserie

Le train

Au début du siècle, Loisy est desservie par 3 gares: Jouvençon sur la ligne Tournus-Louhans et Cuisery ou Simandre pour la ligne PLM. La voie longeant la commune entre Simandre et Cuisery a été vendue à des particuliers, il reste les 2 "maisonnettes" (maisons de garde-barrière) du Roupoix et de La Grelay

Dates significatives

1863 Création de l'école de garçons (ArcM.O1080)

1886 Réparation du four du presbytère (ArcM.O1080)

1887 Installation de l'écoles des filles (ArcM.O1080)

1919 Acquisition d'un immeuble pour un bureau de postes (ArcM.O1080)

1926 Construction du réseau électrique basse tension à Loisy (ArcM.O1080)

1910/11 Translation du cimetière

1874 Création de 2 lavoirs, le Bourg, La Fay

1900 Abreuvoir public sur la place

1894 Création d'un poids public

 

Personnages

1503 Antoine de Loisy possède la Baronnie de La Villeneuve et de la Truchère. "Loisy portait azur à cinq fasces d'or." (Prêt. p110)

1825 Prieur Guigot de Loisy est lieutenant de louveteries (A de SL).

An XII Demonterot est curé à Loizy et Domy est maire (A de SL).

Famille et maison Petitjean

A Votentenay, existe toujours (c'est là que j'habite) une maison à galerie haute et basse, dite "maison Petitjean" voilà ce qu'écrivait M Thielly en 1920:

"La famille Petitjean, originaire de Savigny en Revermont, habitait le hameau de Votentenay où existe encore la maison qu'elle avait fait construire.

Grand admirateur de Napoléon 1er, un des descendants de l'ancien maire avait fait ériger, vers 1823 dans un bosquet sis non loin du home familial, un monument à la gloire du conquérant.

De ce monument tombé en ruine depuis de longues années il ne reste, gisant sur le lieu même de l'érection, qu'une pierre taillée portant cette inscription: 'élevé au mérite NB mort le 3 mai 1821'. " (Th)

La pierre dite "de Napoléon" est toujours en place. Ce monument dont une partie du socle existe toujours était étrangement à l'écart des habitations et dirigé vers un ancien étang. Cet étang était peut-être toujours en eau en 1823!
Rectification: la pierre a été déplacée par la municipalité en 2015, elle est actuellement vers le calvaire en pierre .
Ce même calvaire a sans doute été commandé par la famille petitjean à Emiland Gauthey, une inscription sur le haut du calvaire en porte les initiales

Si cette construction date de 1823, c'est à dire sous Louis XVIII, il était sans doute préférable de faire un monument à la gloire de Napoléon à l'abris des regards. Et d'ailleurs, est ce le temps qui l'a détruit, où un opposant à l'empereur?

La maison a été construite dans les années 1740-1750 par Philippe Petitjean (1711-1785), fermier général de la terre et seigneurie de Loisy. Un de ses fils, Antoine-Marie, dit le cadet, né en 1756, y résida à partir de 1785. A sa mort, en 1819, la maison revient de droit à son fils Richard Philippe Petitjean-Boussin, lui aussi juge de paix qui l'habita jusqu'au début des années 1830. Peu après, il la loue à un de ses fermiers, car il se fixe à Cuisery, rue des Echeneaux. (Lec.)

En août 1785, Petitjean Richard Philippe dit aîné fait réalisé un plan , dit terrier Petitjean, actuellement possédé par "Les amis du vieux Cuisery". Ce plan d'environ 2m sur 1m, récapitulant l'ensemble de sa propriété, en majorité située sur Votentenay est le plus ancien plan connu de Loisy. La maison principale de ce terrier est voisine de la "maison Petitjean", alors habitée par "le cadet".

Armes des Petitjean: De queules à une tour d'or ouverte et ajourée de sable, surmontée un vol d'argent (D'Arbaumont)

Votentenay. Maison haute et basse entre deux bâtiments de granges et d'écuries. La galerie à pans de bois, couverte d'un toit plat et de tuiles rondes, rythme la façade. L'angle fermé à droite protège du nord et cache l'escalier (18° siècle). Ce type de maison de qualité utilise rarement les deux pentes de toit ; plus au nord tout est aigu et souvent accompagné de pigeonniers à pans de bois ; plus au sud, tout est plat à tuiles rondes, sans pigeonniers. A Tenarre (Baudrières) se voit, en bordure de route, un bel exemple de galerie haute et basse. (Michel Bouillot. 1997.)

Patois

LA MOTCHI D'POULO

Y'avé ène fouè un poulo qu'avé qu'ène ôle, qu'ène patte, qu'ène oreille, ma ol'èté malin qu'ma tout.

Ne v'la ti pas qu'un jo, o trouve ène homme qu'li dje qu'ma ça: "Oh motchi d'poulo, t've ti m'né ène cagnotte à quéqu'un." La motchi poulo li djé qu'au ve ba." Au l'est parti tout seul, après bia longta, a un tornant, au trouva ène ècheule qu'li demande: quouâ qu'te va motchi d'poulo - J'va porté ène cagnotte à èn'homme -d've ti qu'j'aille av tè? - Ah j've ba" au l'ètaient bia loua qu'l'ècheule li dje: "oh motchi de poulo, j'sè trop lâ, j'pe pieh bougi." La motchi de poulo: "met't'don su mon croupion, j'va ba t'porté."

V'là ti pas qu'un pt'chot bout pu loa, au trouve ène r'vire qu'li dje:

- Quouâ qu'te va motchi d'poulo?

- J'mene ène cagnotte à quéqu'un!

- T've ti que j'vegne av'tè?

- J've ba!

Au z'étaient loa, mais vraima loa, quand la r'vire dje:

- Bâ, que j'sè lasse, y m'a coupé les pattes d'aller.

La motchi d'poulo touj drue, li d'je:

- Mè t'don su mon croupion, j'va ba enco t'porter.

Un bout pu loa, au trouve un r'na, qu'vouillé étout allé dav sè. Mais bia pu loa, l'rna pouvé pieu bougi non pieu. La motchi d'poulo dje:

- Mé t'don su mon croupion, j'va ba enco t'porter dav la r'virre ap l'ècheul.

Au z'ètaient r'parti, ap quand méme, au zl'ont vu la maison de s'tene que d'vé r'cevoère la cagnotte.

La motchi d'poulo y'a bia sûr bèilli, puisqu'au l'ètai v'ni pe'r sa, Mais le bonhomme, pas r'cognèchant pun sou l'a choppé p'le bec, ap au l'a foutu da le poui! ...

(à suivre) (traduit en patois de Loisy par J. Baconnet et D. Villerot)

La moitié de poulet

Il était une fois, un poulet qui n'avait qu'une aile, qu'une patte, qu'une oreille, mais qui était malin comme tout.

Voila qu'un jour il trouva un homme qui lui dit comme ça: "oh moitié de poulet veux tu aller porter une bourse à un homme?". La moitié de poulet dit: "Je veux bien." Il partit tout seul, il alla bien loin sans trouver personne, puis il tourna d'un coté où il rencontra une échelle qui lui dit: "Où vas tu moitié de poulet? - Je vais porter une bourse à un homme- Veux tu que j'aille avec toi? Ah je veux bien." Quand ils furent bien loin, l'échelle dit: "Oh moitié de poulet, que je suis éreintée, je ne peux plus aller." La moitié de poulet dit:" Mets toi sur mon croupion je te porterai bien."

 

Un peu plus loin, il trouve une rivière qui lui dit:

- Où vas tu moitié de poulet?

- Je vais porter une bourse à un homme!

- Veux tu que je vienne avec toi?

- Je veux bien!

Ils étaient loin, mais vraiment loin quand la rivière dit:

- Que je suis lasse, cela m'a coupé les jambes de marcher.

La moitié de poulet, toujours alerte, lui dit:

- Mets toi donc sur mon croupion, je te porterai bien, aussi.

Un peu plus loin, il trouve un renard qui, lui aussi, voulut aller avec lui. Mais, bien plus loin, le renard ne put plus bouger non plus. La moitié de poulet lui dit:

- Mets toi donc, sur mon croupion, je vais bien encore te porter avec la rivière et l'échelle.

Ils étaient repartis et enfin ils virent la maison de celui qui devait recevoir la bourse.

La moitié de poulet lui a bien sûr donné, puisqu'il était venu pour ça, mais l'homme pas reconnaissant du tout, l'a pris par le bec et l'a jeté dans le puits

LE JOUCHOU QUE CHEUT

Le père Jean-Louis des Ballot, nous a narré ainsi l'aventure qui lui est arrivée il y a quelques jours:

I'étot proche de min-net, à peut j'dremos, mas j'me révoye et j'dis à la bourgeoise qui dremot étout: "Entas-te les poleilles? j'crés ben qu'an les prat". Alle me répand ra, mas j'dévale du lit, j'pras mon fusil, j'alleume la lantâne, j'cheupe Alphonse et sa nous viti, sé d'vant, moé darré, j'vins vé l'pouleilli lavou y fiot un trigouri qui nous fiot po.

"Euvre la poate" que j'dis à Alphonse! Mas sé qu'a po des orjus se r'queule. "Euvre" que j'le dis! O pra la poate d'êne mai, pousse et v'la totes les poleilles qui nous sautant pou l'nez à peut da les chambes. Ebeurluté, j'songeos guére à titi, mas Alphonse qu'étot r'veni à sé m'dit: "T'sais te, mon père? Y'é l'jouchou qu'a cheu, à peut les poulots éteint sur les pites".

J'ins laissi core les poleilles à peut j'sins r'veni nous couchi.

Quand j'ai dit à ma bourgeoise que les poulots éteint su les pites et que le jouchou avot cheu, alle m'dit: "T'le fas pas souvent cheudre, toé, l'jouchou!". Après sin qui, j'ai pu ra dit, à peut j'me seus rendremi

Auguste THIELLY (1865-1940)
Instituteur à Loisy

Le perchoir qui tombe

Le père Jean-Louis des Ballot, nous a narré ainsi l'aventure qui lui est arrivée il y a quelques jours:

Il était proche de minuit, et je dormais, mais je me réveille et dis à mon épouse qui dort aussi. "Entends-tu les poules? je crois bien qu'on les prend." Elle ne me réponds rien, je descends du lit, prends mon fusil, allume la lanterne, prends Alphonse et sans nous habiller, lui devant, moi derrière, nous allons vers le poulailler où il y a des bruits à faire peur.

"Ouvre la porte" dis je à Alphonse! Mais lui qui a peur des "orjus", recule. "Ouvre" lui dis je! Il prend la porte d'une main, la pousse et voila toutes les poules qui nous sautent au nez et dans les jambes. Hébété, je pense guère à tirer, mais Alphonse qui est revenu à lui, me dit: "Tu sais mon père? c'est le "jouchou" qui est tombé, et les poulets étaient sur les jeunes poules".

Nous avons laissé courir les poules et sommes allés nous coucher.

Quand j'eus dit à mon épouse que les poulets étaient sur les poules et que le "jouchou" était tombé, elle m'a dit: "Tu ne le fait pas souvent tomber, toi, le "jouchou"! Après ça, je n'ai rien pu dire et me suis rendormi.

(jouchou: perchoir à poules)

 

D - De quou'â qu'te d'vins, Jean-Louis?

R - D'la r'vire carria!

D - Sailli?

R - Na! Péchi! Mais j'ai cassé mes yiaveaux et j'ai ra pris. A peut faut que j'm'en retorne à l'utau; y'a éna bore qui pra mes pouleilles.

D - As tu vadu ta Baya?

R - Na! l'canichou est bin v'nihia sé; t'était tâ; j'métais diviti pour étarni a peut aller m'cuchi, mais j'ains ra fait; au dé r'veni demai na sé.

D - As-te racatré euna foume, en r'veniant?

R - p't'étre ben, mais j'y pas bouté.

D - Vas-te mieux, vore mouétena?

R - Na! j'ai touj des éberlutemas.

- Bonsé, Jean-Louis!

- Bonsé, Jean-Pierre!

A. THIELLY 1920 dans "Histoire Locale de Loisy"

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LA CROQUE

- En essarpant le bousson du quart, j'arré bia pu tchué ta pouleille grise. Al été a cabi su un cani av une dizein'ne d'u.

- Perta y'a 2 jos, al corré da la co. Mais y'auré ra d'étonnant, drévor qui fait bon, al ont fini lout'ouvée. T'les as laissi?

- Bia sur! j'sais pas ce'que t've en faire.

- Vl'à les beaux jos, y'é ba le moma d'avouère des pussins. Si j'la laisse yavau, les bêtes vont ba la mangi, j'va allé les chorchi s'te sè. Si al'y'è touj, y'è cal ve gueroué.

- J'pense ba, si al fayé éne u, al sré pas d'moré tout le ta qu'j'aité après mes èpenes.

- J'va la mettre da ène panére, à la soue av ène autre panére a bouchon d'su p'l'habituer un bou. Ap j'va li r'mettre quéques u.

- Essaille donc d'y mettre des fuges, y détorne les pouillots mais faudra penser d'la faire sorti tous les jos!

- T'em pra peur qué, je cogné mon travaux, j'va ba li bèilli à mangi tous les jos, ap y faudra ba que j'remio les u, peu que sténes du to saite bia gueroué étou. Toute façon, aux vont pas tous épuilli en méme ta.

- Si les u du boussons sont pas penais, y va nous faire une quinzein'ne de pussin.

- J'y compte ba! si la bore les pra pas.

D.V.

La couveuse

- En émondant la haie, j'aurais bien pu tuer ta poule grise. Elle était accroupie sur son nid avec une douzaine d'oeufs.

- pourtant, il y a 2 jours, elle courrait dans la cour. Mais ce n'est pas étonnant, maintenant qu'il fait beau, elles ont fini leur ponte. Les as-tu laissés?

- Bien sûr! je ne sais pas ce que tu veux en faire.

- Voilà les beaux jours, c'est bien le moment d'avoir des poussins. Si je la laisse là-bas, les bêtes vont la manger, j'irai la chercher ce soir. Si elle y est encore, c'est qu'elle veut couver.

- Je pense bien, si elle pondait un oeuf, elle ne serait pas restée sans bouger.

- Je vais la mettre dans une panière, dans la soue, recouverte d'une autre panière pour l'habituer un peu. Et puis je lui rajouterai quelques oeufs.

- Essaie donc de lui mettre des fougères, cela détourne les poux, mais n'oublie pas de la faire sortir tous les jours.

- Tu me prends pour quoi, je connais mon travail, je vais lui donner à manger tous les jours, et il faudra que je mélange les oeufs, pour que ceux du bord soit également bien couvés. De toute façon, ils ne vont pas tous éclore en même temps.

- Si les oeufs du buissons ne sont pas pourris, cela nous fera une quinzaine de poussins.

- J'y compte bien! Si la buse ne les prend pas.

Annexes

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Version 2 du 26 juin 2000.