Mottes et tumulus

3 tertres s'élevaient dans la prairie en bas du château au lieu dit "pré de la Morte". Mais ces tertres, sont-ils des tumulus, accumulation de terre au-dessus de sépultures, ou des mottes, emplacements d'anciens châteaux forts en bois du début du Moyen Age?

- L'un d'eux fut arasé vers 1888 il aurait eu 4m de haut, 15 à 25 m de large, et aurait donné de la terre de remblai.

- Un autre avec ses 4,5m de haut, 24,5m de long et 22m de large se trouve à 19 m de la rivière, et semble intact.

- Enfin le 3ième, de 4,5m de haut, 30m de long et 14m de large a été fouillé par M Hurou qui en situe l'occupation à l'époque carolingienne X siècle, début du XIe. Des pièces exceptionnelles ont été trouvées.

DECOUVERTES FAITES PAR M HUROU

"Matériel archéologique trouvé:
- 'Petit chasse' en bois de cervidé (H:5cm, base carré de 2,5 cm). La face représente un personnage sur toute le hauteur, les mains posées à plat sur la poitrine. Le sujet a l'air d'être en prière; sous les coudes, entre les pieds et de chaque coté des membres inférieurs, il y a 5 trous comme pour mieux souligner le relief. L'autre coté figure un personnage plus petit, les mains en position d'atlante. La position des bras levés est un thème fréquent de l'iconographie chrétienne, à l'époque barbare ou préromane

- 'Petits pions' en bois de cervidé (H:3,5cm) ressemblant à des bottes de pailles liées

- 'Le guerrier' (H:4,7cm, L:20,5cm, l:19,5cm) en bois de cervidé. Sa face nous laisse à peine deviner les traits du visage. On peut aussi penser que l'on voit la jambe gauche. La côté gauche laisse voir que le personnage tient un bouclier, où l'on voit, dans la partie inférieure, une pointe d'épée.... Cette figurine nous fait penser à un preux chevalier attendant, un genou à terre, d'être sacré "chevalier"

- Char en bois de cervidé (H:4,1cm, l:2,5cm, L:4,1cm) On peut voir 2 chevaux dont on devine les naseaux et les oreilles. Les membres antérieurs sont portés vers l'avant. A l'arrière on aperçoit les membres postérieurs et les queues. Le char se limite à un dossier situé au dessus des membres postérieurs, et à 2 roues à 9 rayons, placées sous ces même membres. Il y a une rêne qui part des conducteurs et qui aboutit sous l'encolure des chevaux; il n'y a ni mors, ni licol; une autre lanière part du cou pour aller jusqu'aux roues, destinée, semble-t-il, à la traction de l'attelage. Il existe d'autre part, une rêne qui part des conducteurs pour aboutir entre les 2 oreilles des chevaux. On voit très bien un conducteur et on peut supposer qu'il devait en avoir un 2ième. L'arrière du char est orné d'entrelacs communs à l'époque carolingienne.

- Pointe en os, rondelles à trous ocellés en os, rondelles en bois de cervidé, os taillé, denier d'argent 22mm ... au nom de Louis IV (936-954) ... vraisemblablement frappé à la fin du X siècle ou au début du XI, poteries, morceau de meule, 2 clefs, fers à chevaux, parties de mors ..." Texte de M Hurou

Ces pièces sont actuellement visibles au musée de Mâcon.

 

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M Hurou fait la conclusion suivante:

"Le fait de trouver des clefs peut laisser supposer qu'il y avait serrure, donc porte, et par la même, enceinte: ceci reste encore à démontrer . Une grande partie du matériel archéologique réuni à ce jour nous permet d'avancer une date quant à une occupation de la motte - fin de l'époque carolingienne, X siècle, début du XI siècle- .

La présence, sur cette motte, d'éléments d'une telle richesse archéologique, pose un problème: on est tenté de dire qu'il s'agit de spécialistes du travail de l'os et du bois de cervidé (faute d'ivoire, peut-être ?)

On peut s'interroger au sujet des habitants de cette poype; il ne peut s'agir de simples nomades, mais bien d'une occupation prolongée, puisqu'ils faisaient du feu, y mangeaient de la viande, bien que nous n'ayons pas encore trouvé la preuve tangible d'une habitation... Ces découvertes demeurent pour le moment uniques en France, à notre connaissance, d'où l'importance du gisement de Loisy qui permet d'éclairer d'un jour nouveau le mode d'existence de ces petits seigneurs de la régions mâconnaise, qui ont certainement précédé la 'maison forte'..."

AUTRES TUMULUS

Le 1er (ou le 2ième ?) fouillé en 1814 et 1821 aurait permis de découvrir du matériel de l'époque romaine (bois de bouclier, fer à chevaux, pièces de monnaies, débris d'ossements??), mais on ne trouve pas de trace de ces objets, ni de comptes rendus de ces fouilles. A cela s'ajoutent les interrogations des historiens: en effet l'un d'eux, M. D. Monnier place le théâtre de la bataille que Septime Sévère livra à Albinus en 197 en bas de la colline de Loisy; dans ce cas, un des 3 tertres serait un tumulus contenant (ou ayant contenu) les corps et les armes de ces soldats romains. Références: (Hu), (Th)

"En 1814, lors de la première invasion des armées étrangères, le propriétaires des moulins de Loisy, voulant soustraire quelques objets précieux à l'avidité des ennemis, résolut de les cacher sous l'un des tertres situés dans la plaine, entre Loisy et Simandre. Après avoir fait creuser jusqu'à 1m95, il trouva des ossements humains, des armes oxydées et de petits plateaux de bois de chêne, qui peut-être avaient fait partie de boucliers. En 1821, M de la Chapelle fit aussi fouiller un tumulus, situé dans le pré de 'la Morte', commune de Loisy, et trouva, presqu'à la surface du sol, quelques fers à cheval; à 0m32 de profondeur, une couche de cendres noirâtres, épaisse d'environ 0m08; à 1m29 plus bas, une troisième couche plus épaisse, et enfin, à 0m64 plus bas encore, une dernière couche semblable aux précédentes, et à laquelle étaient mêlés des débris d'ossements." Ref: Histoire de S et L ??